Le maire du Grand Manchester, Andy Burnham, s'exprime au lancement de sa campagne pour le scrutin législatif partiel du 18 juin, le 22 mai 2026 à Ashton-in-Makerfield, dans le nord-ouest de l'Angleterre ( AFP / Paul ELLIS )
La circonscription de Makerfield était jusqu'ici loin des grands enjeux politiques du Royaume-Uni, mais sur cette terre du nord-ouest de l'Angleterre va se jouer une élection législative partielle décisive pour l'avenir du Premier ministre Keir Starmer et son parti travailliste.
Le scrutin du 18 juin pourrait provoquer la chute du chef du gouvernement, fragilisé depuis des mois. Son principal rival au sein du Labour espère s'y faire élire député, ce qui lui permettrait de tenter de détrôner Keir Starmer au parti travailliste et à Downing Street.
Le maire du Grand Manchester, Andy Burnham, lors du lancement de sa campagne pour le scrutin législatif partiel du 18 juin, le 22 mai 2026 à Ashton-in-Makerfield, dans le nord-ouest de l'Angleterre ( AFP / Paul ELLIS )
Sans annoncer formellement vouloir évincer le Premier ministre, le maire du Grand Manchester, Andy Burnham, figure de l'aile gauche du Labour, a lancé officiellement sa campagne vendredi.
"Un vote pour moi dans cette élection partielle est un vote pour changer le Labour", a déclaré l'élu de 56 ans, personnalité politique la plus populaire du pays.
S'adressant à des partisans sur le parking d'un club de sport, il a soutenu que son élection pourrait ramener le parti "résolument du côté des classes populaires".
Mais sur le terrain, la défiance est forte. "J'ai complètement perdu confiance dans le Labour en ce moment, donc que ce soit Keir Starmer ou Andy Burnham, pour moi, ils sont finis", confie Mick Dean, menuisier de 44 ans rencontré par l'AFP dans l'une des rues résidentielles voisines de cette ancienne cité minière, bordées de maisons mitoyennes en briques rouges.
Il votera pour le parti anti‑immigration Reform UK de Nigel Farage, figure de proue du Brexit, qui a remporté les élections locales du 7 mai en Grande-Bretagne.
- bastion travailliste -
Les résultats catastrophiques du Labour – qui a perdu le pouvoir au Parlement gallois et reculé en Écosse – ont déclenché une rébellion contre Keir Starmer, arrivé au pouvoir en juillet 2024 à l'issue d'une large victoire des travaillistes, mais devenu très impopulaire à force de faux-pas politiques et de polémiques.
L'élection partielle a été provoquée par la démission du député sortant, qui a expliqué vouloir donner ses chances à Andy Burnham de défier Starmer.
Le Premier ministre britannique Keir Starmer, le 20 mai 2026 à Londres ( AFP / Adrian DENNIS )
Son retour au Parlement, où il a déjà siégé entre 2001 et 2017, est toutefois loin d'être certain.
Le siège de Makerfield, en plein coeur du "mur rouge" du nord industriel historiquement travailliste, est détenu par le Labour depuis 1983. Mais dans cette circonscription, le vote pour Reform a été massif lors des élections locales.
Dans la ville principale d'Ashton‑in‑Makerfield, où Andy Burnham a lancé sa campagne, les pancartes de Reform et les drapeaux anglais sont nombreux face aux rares affiches travaillistes.
Les partisans d'Andy Burnham, à l'image de Tom Hothersall, 22 ans – membre du Labour et présent au lancement de campagne vendredi – assurent que "beaucoup de gens l'adorent" ici, après neuf années globalement saluées à la tête du Grand Manchester.
"Il a une vision de l'orientation qu'il veut donner au pays et il veut emmener Makerfield avec lui", a‑t‑il déclaré.
Mais les électeurs qu'une équipe de campagne suivie par l'AFP a rencontrés lors d'une tournée de porte-à-porte se montrent moins unanimes.
- "Il se sert de nous" -
"Je le connais et je vais évidemment le soutenir!", lance un homme. Sa voisine, elle, est beaucoup moins enthousiaste. "Certainement pas! Je ne veux pas de lui. Je ne veux pas du Labour", répond-elle au militant.
"Il se sert de nous", estime Michael Rowlands, retraité qui compte voter pour le parti de Farage. "Une fois qu'il aura obtenu ce qu'il veut, c'est‑à‑dire le 10 Downing Street(...) on sera oubliés", dit-il.
Andy Burnham mise sur sa popularité régionale pour l'emporter. Né à Liverpool, tout près de là, il a déjà représenté une circonscription voisine et ne rate pas une occasion de mettre en avant ses racines locales.
Les alliés du maire de Manchester affirment que s'il parvient à battre Reform ici, il aura démontré qu'il est l'homme de la situation pour remplacer Keir Starmer.
Face à lui, le candidat de Reform, Robert Kenyon, élu local et plombier natif de Makerfield, s'était déjà présenté, sans succès, en 2024. Lui aussi met l'accent sur ses origines locales et modestes.
Mais sa campagne est déjà entachée par d'anciens propos sexistes et homophobes tenus sur X, mis au jour par l'association antiraciste Hope Not Hate.
Reform, qui n'a pas répondu aux demandes de l'AFP d'assister à l'un des événements de la campagne de son candidat, a indiqué ne pas avoir l'intention d'enquêter sur ces accusations.

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